Maurice DECARPENTRY

Du chômage longue durée à une formation qualifiante… De la galère au rebond…

Maurice DecarpentryDe 1983 à 2002, j’ai travaillé dans une société de sécurité. J’ai commencé en bas de l’échelle comme agent conducteur de chien de défense, pour finir directeur d’exploitation.

En 2002, j’ai été licencié économique suite au rachat de la dite société ; je ne me faisais pas de souci car, de par ma position, j’estimais pouvoir retrouver du travail rapidement. J’ai donc profité de cette opportunité pour donner un coup de main à un collègue pour créer sa propre société de sécurité en Bretagne.

Après deux années, mon collègue a pu voler de ces propres ailes. Je me suis donc attelé à la recherche d’un emploi dans la région parisienne, toujours insouciant, fort de mon expérience professionnelle.

C’est alors qu’a commencé un vrai parcours du combattant !
Les sociétés de ma connaissance auprès lesquelles j’ai postulé craignaient une concurrence déloyale au profit de mon collègue.

Pour les grosses structures, je n’avais pas les diplômes nécessaires ; pour les petites, j’étais trop qualifié, même lorsque j’ai décidé de postuler à des postes de moindre importance. Elles craignaient que je fasse valoir mes droits, conscients qu’ils étaient de mon professionnalisme.

Les événements se sont accélérés : arrivant en fin de droits aux ASSEDIC, je me suis retrouvé au RMI. Là mon conseiller de l’ANPE m’a envoyé dans des petits stages de remise à niveau, vous savez ! Ces fameux stages de quinze jours où l’on vous apprend à positiver et puis plus rien, n’ayant plus aucun droit, on m’a oublié. Je n’existais plus, rayé des tablettes et donc en marge de la société ; je ne valais plus rien. La dépression était là.

Deux ans à ce régime… et puis un beau jour, une assistante sociale m’a dit : Monsieur, si vous voulez continuer à toucher le RMI, il va falloir me prouver que vous voulez vous en sortir ! Vous allez donc vous présenter à l’association ALICE.

Dans la situation et l’état dans lesquels j’étais, je me suis dit, encore un truc qui ressemble à une succursale de l’ANPE, et je n’étais pas chaud pour aller déballer mes ennuis dans cette association.

Grossière erreur de ma part, j’ai dès le début rencontré une conseillère merveilleuse qui ne m’a pas jugé, qui a su m’écouter et me faire reprendre confiance en moi, non pas en le faisant pour moi, mais en me le faisant faire.

Mes premiers changements ont été de me faire faire des lunettes, un bilan complet de santé, une prothèse dentaire et de perdre des kilos… tout ceci non sans mal, épaulé par ma conseillère pour la recherche d’organismes assurant la gratuité des soins. On s’est alors attaqué au véritable problème, la réinsertion sociale par le travail.

Suite à une réflexion sur mes compétences, il est clairement apparu que je faisais fausse route dans mon entêtement à vouloir trouver un travail dans la sécurité et qu’un nouvel objectif à atteindre serait préférable pour moi. Un travail qui réunit mes savoir-faire. J’ai opté pour le métier de Gardien d’Immeuble.

Une fois le plan de travail bien établi, il n’y avait plus qu’à le respecter : CV et lettres de motivation dans diverses écoles proposant cette formation, convocations pour les tests que j’ai réussi avec brio, à tel point que j’ai été inscrit dans deux écoles du GRETA (cela m’a permis de choisir la plus proche de mon domicile).

A ce jour, j’en suis à la moitié de ma formation ; cela se passe bien, je suis certain d’avoir mon CAP (croyez moi, je fais tout pour) et suite à mon stage pratique, j’ai la ferme conviction que ce métier est fait pour moi.

Je ne peux qu’encourager les personnes qui se reconnaîtront dans mon témoignage de faire confiance à cette association, d’y entrer sans préjugés. Il y a toujours une porte de sortie à ses problèmes et si comme moi, vous n’y parvenez pas seul, alors n’hésitez pas, frappez à celle de l’association ALICE.

Mes sincères remerciements à ma conseillère qui a su allumer en moi tous les feux tricolores au vert.